Note : 2/5
Après une honnête Machination Voronov et deux poussifs Sarcophages du 6e continent, Yves Sente et André Juillard poursuivent l'héritage d'Edgar P. Jacobs avec Le Sanctuaire de Gondwana. Autant le dire tout de suite, ce 18e opus de Blake et Mortimer se situe malheureusement dans le droit fil des deux précédents : extrêmement décevant. Le décor africain est certes inédit mais par trop caricatural. Quand à l'intrigue, elle manque de coffre, de rythme et parfois tout simplement même de vraisemblance. C'est ainsi qu'on s'intéresse mollement à cette histoire qui prend place quelques temps après le retour à Londres des héros Francis Blake et Angus Mortimer. En enquêtant sur un fragment de roche ramené d'Antarctique, le professeur tombe sur la piste d'une civilisation africaine inconnue. Intrigué par cette découverte qui coïncide avec celles récemment faites par une expédition menée par un archéologue allemand, le célèbre barbu décide de se rendre, accompagné de son assistante Nastasia et d'une ancienne amie, Sarah Summertown, au cœur du Tanganyika, à la recherche de cette civilisation. Pas loin derrière lui, son vieil ennemi Olrik est évidemment à l'affût des découvertes qu'il pourrait faire.
Banal, le scénario comme le découpage sont vaguement rattrapés par l'astuce finale qui fait comprendre quelques invraisemblances et bizarreries de certains passages. La quasi absence de Blake de tout épisode - même l'une de ses rares apparitions est une des clés de voûte de l'histoire - n'est aucunement compensée par le retour aussi fortuit qu'inutile de Razul le Benzendjas et de Youssef, déjà vus ils y bien longtemps dans Le secret de l'Espadon et Le mystère de la grande pyramide. Quant à la civilisation inconnue recherchée par Mortimer et au continent africain, ils auraient mérités un peu plus de place car, dans l'état, ils font vraiment figure d'accessoire. Enfin comme avec « Les sarcophages du 6e continent », on en apprend un peu plus sur les amours de jeunesse de notre héros barbu. Ce qui n'était pas forcément utile. A quand le retour de Ted Benoît et Jean Van Hamme ? Vive l'alternance !