Vendredi 29 janvier 2010
Invité de la 37e édition du festival d'Angoulême, le BD-reporter américain Joe Sacco s'est montré très sévère envers les auteurs danois des caricatures de Mahomet. "
En tant que journaliste et du point de vue de la liberté d'expression, j'ai trouvé les réactions à ces caricatures disproportionnées et totalement inacceptables mais je n‘ai aucune sympathie pour ces dessinateurs, ni leur travail qui n'est que pure provocation" estime le journaliste-auteur de la bande dessinée de reportage
Gaza 1956, en marge de l'histoire.
Joe Sacco est par ailleurs revenu sur la genèse de ses deux grands reportages dessinés (Palestine : une nation occupée en 1993 et Palestine : dans la bande de Gaza en 1995) qui lui ont valu l'
American Book Award en 1996 et que traduit aujourd'hui
Futuropolis. "
J'en avais assez de faire des reportages de guerre. J'avais besoin d'autre chose" explique Sacco qui a passé six années de sa vie à mener une enquête minutieuse sur le
massacre oublié de plusieurs centaines de Palestiniens dans la bande de Gaza en novembre 1956. Une tragédie uniquement mentionnée dans une note de base de page d'un rapport de l'ONU !
Si son premier ouvrage passe complètement inaperçu, le second fait les gros titres de la presse. Un changement que Joe Sacco met au crédit des "
comics qui ont montré qu'ils pouvaient produire des oeuvres de qualité" plutôt qu'à un quelconque revirement médiatique ou politique. Sur l'issue du conflit israélo-palestinien, le BD-reporter se montre d'ailleurs extrêmement pessimiste et "
très inquiet" du sort des réfugiés.
Quant à savoir si ses ouvrages seront
traduits en Palestine ou en Israël, Joe Sacco se contente de l'espérer. "
Ce n'est pas mon job mais celui de mon éditeur" sourit Joe Sacco ajoutant que "
si cela se faisait, j'en serais très heureux".