Note : 3/5
Le bestiaire improbable de Sokal reprend place dans ce 17e opus des enquêtes de Canardo, l'inspecteur le plus « columbo-burmesque » de la BD. Pendant que notre privé flegmatique s'ennuie ferme en filant la femme soupçonnée d'adultère de celui qui espère bien devenir le nouveau député-maire, une série de meurtres touchant le monde du cinéma porno secoue la ville. Plus que jamais débordé, le commissaire Garenni demande de l'aide à Canardo, qui ne tarde pas à faire le lien entre cette affaire et l'élection qui se prépare.
Honnêtement, on a connu des enquêtes plus profondes et des scénarii plus rythmés qu'ici, même si, comme d'habitude , les répliques de Canardo font souvent mouche et si les dessins, décors et ambiance se montrent à la hauteur de la réputation de Sokal. Le personnage de la femme volage est toutefois on ne peut plus prévisible et du déjà vu. Quand au clou de l'intrigue, on a franchement le temps de le voir arriver. L'opposition des genres, des styles et des rôles entre Garenni et Canardo donne bien un peu de corps à l'action. Le personnage de Dubonot, caricature réussie du bourgeois local tentant une OPA sur la ville (les passages à la maison de retraite ou à l'usine sont un régal de langue de bois électorale), ressemble à s'y méprendre à bon nombre de candidats récemment passés sous nos yeux lors de la campagne municipale. Mais rien n'y fait, on reste sur sa faim.