Vendredi 22 février 2008
Le 26 janvier dernier, en plein
festival d'Angoulême,
Alain Finkielkraut avait gentiment tâclé la bande dessinée dans
Libération. Le philosophe avait en substance estimé dans les colonnes du quotidien qu'"
il y a tant de livres à lire, de toiles à admirer, qu'[il n'avait donc]
pas de temps à perdre pour ce qu'on appelait autrefois les illustrés". Et de poursuivre : "
La beauté des livres, c'est qu'ils sont sans images et qu'ils offrent ainsi libre carrière à l'imagination. Quand on me raconte une histoire, j'ai besoin qu'on me donne à penser, qu'on me donne l'envie d'interrompre ma lecture et de lever la tête, pas qu'on dessine pour moi les héros. Mais les enfants gâtés veulent rester des enfants."
C'est entendu, Finkelkraut n'aime pas la BD. Mais de là à réduite le Neuvième Art aux illustrés... Pour
Jean-Christophe Ogier, le président de l'
Association des critiques de bande dessinée, la comparaison est honteuse. Et de s'en insurger dans un long billet publié sur le site de l'Association. "
Nous n'avons rien contre les illustrés qui ravirent les enfants d'hier", écrit Ogier. "
Mais réduire la bande dessinée aux illustrés relève d'une démarche qui cantonnerait systématiquement la littérature à Oui-oui et au Club des 5. "
L'argument est évidemment parfaitement valable et nous y souscrivons pleinement. Il eût toutefois plus porté si la tribune avait été saupoudrée d'un peu d'humour et, en outre, publiée dès sa conception, au lendemain du festival. En attendant que Libération daigne la reproduire dans ses colonnes, ce que le quotidien n'a pas fait et ce qui est parfaitement son droit, elle perd de son poids !
Lire l'interview d'Alain Finkielkraut dans Libération Lire la lettre ouverte à Alain Finkielkraut de Jean-Christophe OgierLe spécial Angoulême de Neuvieme-art.com, c'est là